Ouverture des magasins le dimanche : le flou administratif agace les commerçants

Les fermetures administratives associées à la crise sanitaire ont impacté l’activité des commerces. Pour se refaire une santé financière, les commerçants réclament le droit d’ouvrir le dimanche. Mais ces dérogations sont confiées aux préfets qui ont tranché au cas par cas, entraînant un casse-tête administratif pour les commerçants.

Les commerces « non-essentiels » vont enfin pouvoir respirer. Ce mercredi 19 mai, le gouvernement a mis en place la première phase de déconfinement, permettant l’ouverture de ces magasins en semaine. Mais après des mois sans travailler, certains commerçants souhaitent également ouvrir leurs portes le dimanche. Une demande que la ministre du Travail, Elisabeth Borne, a renvoyé aux préfets pour qu’ils tranchent. Mais ces dérogations se font en ordre dispersé, ce qui complique les démarches administratives et agace les commerçants. Décryptage.

Des décisions préfectorales individualisées

Ouvrir ou non le dimanche ? Les préfets ont visiblement tranché chacun de leur côté. Alors que l’ouverture dominicale jusqu’à fin juin est de mise dans une vingtaine de départements, dont Paris, l’Ille-et-Vilaine, l’Essonne ou encore la Seine-Saint-Denis, les magasins resteront fermés dans le Tarn. Sans oublier que certains préfets, comme ceux de Seine-Maritime ou Loire-Atlantique, ont demandé un délai de concertation supplémentaire. Les magasins seront donc fermés à minima ce dimanche dans ces départements, mais rien n’est sûr pour les suivants

Un imbroglio administratif

Selon Yohan Petiot, président national de l’alliance du commerce, cette marche en ordre dispersé est vécue comme une nouvelle entrave à la reprise de l’activité : « Ce que nous demandions au gouvernement, c’était une décision qui s’applique partout et qui soit claire à la fois pour les commerçants et pour les clients. Aujourd’hui, le système que nous avons est presque une usine à gaz administrative », tacle-t-il. Et de continuer, « il faut à l’avenir avoir des mécanismes d’urgence qui permettent véritablement de répondre à ces situations de crise ».