Travail dominical : la conseillère municipale Claire Schweitzer s’oppose aux « 4 dimanches du Maire » à Angers

Le conseil municipal de la ville d’Angers s’est tenu ce lundi 20 décembre. Le sujet de la dérogation au repos dominical, et ses « dimanches du Maire », était au programme des délibérations. La conseillère municipale Claire Schweitzer a pris la parole pour s’opposer aux quatre ouvertures dominicales des commerces pour l’année 2022.

La conseillère municipale d’Angers Claire Schweitzer a pris la parole lors du dernier conseil. Le sujet ? les « dimanches du Maire ». Les commerces de détail peuvent, sur décision du maire, supprimer le repos dominical de leur personnel pendant un nombre limité de dimanche dans l’année. Le maire d’Angers, Christophe Béchu, s’apprêtait à soumettre au vote des élus sa proposition de quatre dimanches d’ouverture pour 2022. Un non-sens social et écologique pour la membre du collectif « Angers Citoyenne et Populaire ».

Claire Schweitzer annonce la couleur d’entrée : elle votera contre cette délibération. D’après la militante de La France insoumise, la question du repos dominical doit être pleinement interrogée aujourd’hui. Dans une époque où la question du climat est devenue un enjeu majeur, elle prône la sobriété et la baisse de la consommation. « Se dire qu’on va encore ouvrir plus ne me semble pas être dans l’air du temps, pour des questions écologiques, pour des questions sociales, comme celles du droit des travailleurs à un repos ou encore celles de leurs conditions de travail », indique l’intervenante.

L’élue justifie également son opposition d’un point de vue économique. De manière générale, les ouvertures dominicales engendrent peu de chiffre d’affaires. Claire Schweitzer précise même, étude à l’appui, que les consommateurs ne sont pas réellement en attente de pouvoir faire leurs courses le dimanche. Mais alors pourquoi ces ouvertures ? S’interroge la tête de liste du collectif Angers Citoyenne et Populaire.

Selon l’opposante, « les syndicats cèdent lors des consultations parce que nous sommes toujours sur cette ambivalence et un petit chantage à l’emploi et au chiffre d’affaires. Ça n’a pas de sens dans la mesure où on n’a pas d’indicateurs de chiffre d’affaires supplémentaire. Je ne vois pas non plus l’intérêt, en effet on ne s’en porterait pas plus mal si on ne pouvait pas aller faire nos courses le dimanche. On s’organiserait autrement ».

Claire Schweitzer termine son propos en pointant la problématique de la garde d’enfants des salariés dominicaux. Les mères seules et en situation de précarité exercent souvent un travail à temps partiel dans le commerce. Elles se retrouvent en difficulté pour trouver une solution de garde, puisque par définition la quasi-totalité des structures d’accueil sont fermées les dimanches.

C’est donc un non franc et massif pour la conseillère municipale. Son argumentaire n’a visiblement pas convaincu l’assemblée qui, dans la foulée, a voté à la quasi-unanimité (seule Claire Schweitzer ayant voté contre), en faveur de ces quatre dimanches du Maire.