Le dimanche férié, totem à préserver pour la gauche

La pandémie de la Covid-19, et ses multiples fermetures administratives associées, anime les discussions autour du travail dominical. Encouragés par Bercy, de nombreux préfets ont accordé depuis deux ans des dérogations autorisant les commerces à lever le rideau le dimanche. La principale raison ? Relancer la croissance économique du pays. Une libéralisation progressive qui ne correspond pas à l’ADN politique de la gauche, dont le droit au repos dominical reste un marqueur central.

Afin de compenser la baisse des chiffres d’affaires des magasins, de nombreux préfets ont délivré depuis deux ans des dérogations autorisant les commerçants à travailler le dimanche. A l’heure où la pandémie de la Covid-19 semble être sous contrôle, le ministère de l’Économie estime que la reprise de l’activité pourrait passer par plus de souplesse sur l’ouverture dominicale. Une position qui relance le débat politique sur le travail du dimanche. Si d’un côté la droite prône la liberté d’ouverture, la gauche et ses syndicats s’y opposent.

Pour la gauche, le repos dominical est un droit immuable. Les syndicats historiques comme la CFDT, la CGT, la CFTC ou encore FO se lèvent depuis toujours face à une libéralisation du travail le dimanche. Le chef de file de FO, Yves Veyrier rappelle que « les dispositions déjà existantes permettent aux commerces d’ouvrir leurs portes quatre dimanches avant les fêtes de Noël, et même de travailler jusqu’à douze dimanches par an au niveau local ». Des ouvertures dominicales qui seraient donc déjà bien suffisantes.

Lors du conseil municipal d’Angers du 20 décembre, la conseillère et militante de La France insoumise (LFI) Claire Schweitzer a pu s’exprimer sur le sujet. D’après elle « se dire qu’on va encore ouvrir plus ne semble pas être dans l’air du temps, pour des questions écologiques, pour des questions sociales, comme celles du droit des travailleurs à un repos. Les salariés n’ont pas à faire les frais de la crise sanitaire ».

Cette question de l’assouplissement du travail du dimanche impacte également la sphère privée. La gauche estime que le dimanche est un jour avant tout consacré aux activités familiales et amicales, où chacun peut se retrouver. Les salariés dominicaux ont donc une perte de sociabilité très forte. « Avec le desserrement de la situation sanitaire, il faut laisser le dimanche aux familles qui depuis deux ans n’ont pas pu passer du temps ensemble », indique le président de la CFTC Cyril Chabanier.

Enfin, la gauche dénonce également une concurrence déloyale, dans la mesure où ces ouvertures rendraient service aux grands distributeurs, qui ne sont pas les plus touchés économiquement. « Comme par hasard, cette dérégulation en marche avantage les grandes enseignes. Les petits commerçants n’ont rien à y gagner. D’autant qu’en dehors des grandes agglomérations, les Français ne font pas leurs courses le dimanche », conclut Amar Lagha, le secrétaire général de la CGT Commerces et services.