Accidents mortels sur les chantiers du Grand Paris Express : un drame lié à la cadence de travail, selon la CGT

Le chantier du Grand Paris Express, qui consiste en une grande transformation du paysage urbain avec un renouvellement des transports en commun, et celui du futur village olympique pour les JO 2024 accélèrent fortement. Au point de s’effectuer dans une précipitation menant à des drames. D’après le media Basta !, au moins quatorze accidents du travail graves, dont quatre ayant entraîné la mort d’ouvriers, sont recensés. Des accidents à répétition qui, aux yeux de la CGT, seraient notamment liés à des cadences infernales.

Grand Paris Express, JO 2024, les chantiers se multiplient rapidement sur toute la Seine-Saint-Denis. Les accidents du travail aussi. Le média Basta ! a comptabilisé 10 accidents graves et quatre accidents ayant provoqué la mort d’ouvriers. Face à la répétition de ces drames sur ces chantiers, la question de leur caractère structurel se pose légitimement.

« L’accident est un fait divers. Quand il se reproduit, ce n’est peut-être plus un simple fait divers. Il faut réfléchir à la question des causes et de l’organisation du travail », souligne Matthieu Lépine, un professeur d’histoire qui recense tous les accidents de travail dans le but de rendre visible le phénomène. D’après la Confédération générale du travail (CGT) il est clair que l’organisation du travail est défaillante. Aux yeux du syndicat, la persistance d’accidents s’explique tout d’abord par un facteur structurel de risques : la cadence de travail.

« Ça bossent 24 h sur 24, 7 jours sur 7, sur ces chantiers. Des dérogations pour autoriser le travail le dimanche ont été accordées. Des chantiers qui tournent la nuit, le dimanche, ce n’est pas habituel dans le secteur », déplore Simon Picou, inspecteur du travail en Seine-Saint-Denis et délégué syndical de la CGT. L’Inspection du travail – au sein de laquelle une unité de contrôle de ces grands chantiers a été créée spécifiquement suite aux accidents – reconnait que « certains chantiers tournent la nuit et le dimanche, et ce de façon régulière ».

Le dernier ouvrier gravement blessé date du 24 janvier. L’accident est survenu sur le chantier du futur Village olympique. Un autre ouvrier avait perdu la vie trois semaines auparavant sur le chantier de la future ligne 16 du Grand Paris Express, lié malgré tout aux JO 2024. Rappelant tout d’abord qu’aucun mort n’est à déplorer de son côté, la Société de livraison des ouvrages olympiques (SOLIDEO) souligne l’importance « de différencier les chantiers du Grand Paris de ceux des Jeux olympiques ». Selon l’établissement public, les délais des chantiers olympiques sont respectables et les ouvriers travaillent du lundi au vendredi, de 6h à 17h, soit des horaires classiques dans le secteur de la construction.