Luxembourg : les syndicats et la Confédération du commerce vont discuter autour du travail dominical

Mardi 6 avril prochain, les syndicats LCGB et OGBL et la Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC) vont se réunir pour négocier sur le travail du dimanche. Il y a un an, les parties prenantes étaient proches d’un accord national sur la question, avant que les négociations ne soient finalement interrompues. Cette reprise des discussions vise à trouver un accord national permettant de mieux encadrer le travail dominical, plus particulièrement dans le secteur du commerce.

Début 2021, la Confédération luxembourgeoise du commerce et les syndicats OGBL et LCGB s’étaient réunis afin de négocier sur la question du travail dominical. Les protagonistes semblaient avoir trouver un terrain d’entente national pour finalement cesser les négociations au bout de deux mois. D’après la CLC, l’intransigeance et le dogmatisme de l’OGBL ont justifié cette rupture du dialogue.

Le 6 avril, ils vont se remettre à la table des négociations afin d’avancer sur la question. Le but est d’arriver à un accord au niveau national qui encadre mieux le travail le dimanche, notamment dans le secteur du commerce.

Entre-temps, faute d’accord national, les syndicats ont négocié individuellement des conventions collectives autour du travail dominical. A commencé par la grande distribution. Le dernier accord en date a été signé avec l’enseigne de supermarchés Cactus. Il porte sur deux axes : le volontariat du travail dominical et la contrepartie financière. Le LCGB a donc tout d’abord souhaité l’application stricte du principe de volontariat pour pouvoir travailler huit heures le dimanche au lieu de quatre.

Comme cette convention est moins favorable que la loi, la rémunération stipulée dans l’accord sert de contrepartie. « À chaque fois, nous avons négocié une rémunération qui va au-delà du minimum légal. Mais j’insiste encore sur la notion de volontariat. Travailler le dimanche doit rester un choix pour l’employé », assure le syndicaliste du LCGB. Au Luxembourg, le travail dominical est légalement majoré de 70%

Des accords équivalents ont été négociés auprès d’autres acteurs de la grande distribution comme Delhaize, Massen, Lidl ou encore Pall Center. Les syndicats souhaitent désormais trouver un accord national permettant aux entreprises ayant des petits effectifs de profiter d’un cadre assoupli autour du travail dominical, le tout sans devoir passer par une convention collective individuelle. « C’est un élément important pour nous, trouver une solution pouvant s’appliquer à toutes les entreprises et pas seulement aux entreprises avec une convention collective », précise Claude Bizjak, directeur adjoint de la CLC.

Accusé il y a un an d’avoir bloqué les discussions sur la question du travail le dimanche, l’OGBL se dit aujourd’hui prêt à écouter les propositions. « Nous sommes toujours ouverts à la discussion, mais nous n’avons pas changé notre position. Nous allons nous rendre à cette réunion pour écouter les propositions de la CLC et nous verrons ce qui en sortira », indique le secrétaire central de l’OGBL Commerce David Angel.

La loi sur le travail dominical au Luxembourg pose des difficultés aux entreprises, mais également aux salariés. En effet, les travailleurs ne peuvent pas exercer plus de quatre heures. D’autre part, les magasins de détail peuvent, six fois par an, ouvrir plus longuement le dimanche. Malgré cela, même avec le bénéfice de cette exception d’ouverture et avec une dérogation, un employé du secteur du détail n’a pas le droit de travailler au-delà des quatre heures le dimanche.