Lille : Les policiers municipaux se rassemblent contre la réforme de la fonction publique

Lille

Les policiers municipaux de Lille se sont réunis mardi 7 décembre devant l’hôtel de ville afin de protester contre la nouvelle réforme de la fonction publique qui va les obliger à travailler 35 heures par semaine, le tout sans compensation financière.

Le 7 décembre dernier, vers 12h, le parvis de l’hôtel de ville de Lille a vu un grand groupe de personnes se rassembler, et ce n’était pas célébrer un mariage civil. Loin de là. Il s’agissait plutôt des policiers municipaux réunis pour exprimer leur mécontentement. Les fonctionnaires regrettent que la réforme de la fonction publique, qui va les obliger à travailler 35 heures par semaine à partir de janvier, se fasse sans compensation financière.

Ils ont troqué leur uniforme pour un gilet jaune et leurs armes pour des drapeaux de l’organisation syndicale Force Ouvrière (FO). Ils ont toutefois gardé leurs sifflets. Mardi dernier, les policiers municipaux de Lille se sont rassemblés pour faire du bruit devant l’hôtel de ville. La raison de leur colère ? Un changement de loi. A partir du 1er janvier 2022, les agents municipaux vont devoir exercer 1 607 heures par an, soit 35 heures par semaine, alors qu’ils bénéficient jusqu’ici de dérogation à la loi et d’un temps de travail réduit. Plus concrètement, la réforme de la fonction publique va les contraindre à travailler 18 minutes de plus chaque jour.

Travailler plus ? En soit pourquoi pas. Mais il faut au minimum que les salaires suivent. Et ce n’est pas le cas. Par exemple, les heures travaillées le dimanche ne seront plus payées en heures supplémentaires. « Travailler le dimanche aux frais de la princesse, non merci ! En plus, cela va bouleverser notre vie de famille », estime un brigadier-chef

C’est Force Ouvrière, majoritaire dans la profession, qui a organisé la manifestation. D’après l’organisation syndicale, 60 à 70% des 134 policiers lillois partageraient les revendications. Des chiffres contestés par la mairie. « Neufs policiers municipaux sur 134 se sont déclarés grévistes sur une partie ou sur l’ensemble de la journée » assure-t-elle. Et si les policiers étaient plus nombreux, c’est tout simplement parce que « la manifestation s’est déroulée sur le temps de repos de midi ».

Quelques jours avant ce mouvement, l’élu chargé du temps de travail des policiers municipaux avait reçu Riad Boucetta, secrétaire général FO de Lille. Mais selon ce dernier, « les retours ne sont pas satisfaisants ». Riad Boucetta attend donc de vraies négociations, sans quoi il prévoit une grève prolongée : « La fourrière, l’îlotage, les équipes de nuit et la brigade canine : ces services sont gérés par la police municipale et les grèves vont perturber leur fonctionnement », prévient-t-il. La direction des ressources humaines a reçu une délégation de policiers quelques heures après ce rassemblement. Affaire à suivre.