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Société

De la messe au dimanche en famille : comment le sens du dimanche a évolué

De la messe au dimanche en famille : comment le sens du dimanche a évolué

Jour sacralisé par la religion chrétienne, le dimanche a longtemps eu une signification particulière dans l’inconscient collectif. Avec l’avènement de la sécularisation et de la « civilisation des loisirs » au xxe siècle, son sens a encore évolué pour devenir le jour de la famille et du développement personnel. Il évolue encore de nos jours, jusqu’au point de recouvrer des réalités très diverses.

Longtemps, le dimanche a été un jour à part. Et pour cause, dans l’Ancien Régime, le dimanche est d’abord consacré au temps religieux, à celui de la messe catholique ou du culte protestant, où le travail n’est pas de mise, car consacré à Dieu et aux bonnes grâces. Ce sens est resté ancré dans les habitudes des Français après la Révolution, dans une société encore catholique et pratiquante, le catholicisme étant resté sous l’Empire la « religion de la majorité des Français », et a longtemps constitué un horizon culturel indépassable pour une grande partie d’entre eux.

Un monopole remis en cause par l’évolution de la société

Avec le déclin de la pratique religieuse en France, le sens du dimanche a connu des évolutions notables, mais il est toutefois resté le jour non travaillé par excellence et un symbole tant pour les chrétiens que pour une certaine frange de la gauche anticléricale. Aussi le respect du repos dominical a-t-il été l’une des revendications de partis et syndicats ouvriers au XIXe siècle jusqu’à l’instauration de la loi de 1906 faisant du dimanche un jour non travaillé sauf dérogations.

Depuis la deuxième moitié du xxe siècle, la montée de la sécularisation et l’avènement de la « civilisation des loisirs » fondée notamment sur la consommation de biens et de services sur le temps libre ont progressivement remis en cause le sens de l’interdit du travail dominical. Dans le même temps, le déclin des activités industrielles, le renforcement de la protection légale des salariés et la robotisation ont entrainé une amélioration globale des conditions de travail, qui avaient justifié en premier lieu l’instauration du repos dominical.

Une « archipellisation » du sens du dimanche

L’affaiblissement progressif du sens religieux puis du sens économique et social du repos dominical n’ont pas pour autant diminué le caractère « à part » du dimanche. De « Jour du Seigneur », le dimanche est devenu le jour du temps en famille. Toutefois, avec l’évolution des modes de vie et des croyances décrite notamment par Jérôme Fourquet dans son essai L’archipel français, le repos dominical recouvre des réalités de plus en diverses. Aussi les plus jeunes favorisent-ils ce jour pour effectuer des sorties qu’ils n’ont pas le temps de faire en semaine. C’est le cas des sorties au cinéma, par exemple, plébiscitées à 21% par les jeunes (moins de 35 ans) interrogés dans un sondage CSA de 2014.

Avec les changements des habitudes de consommation, qu’encourage notamment les achats en ligne, et l’individualisation croissante des modes de vie, le sens du dimanche tend ainsi à se transformer encore. Une évolution qui ne sera pas sans conséquence sur son statut de jour de repos obligatoire et privilégié.

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