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Ouverture dominicale en Ardèche, quand syndicats et politiques ne prennent pas la mesure de la crise sanitaire

Ouverture dominicale en Ardèche, quand syndicats et politiques ne prennent pas la mesure de la crise sanitaire

L’ouverture dimanche après-midi du Géant Casino de Davézieux, en Ardèche, le 22 mars, a suscité de vives oppositions de la part de la CGT, mais aussi de candidats qualifiés pour le second tour de l’élection municipale à Annonay. Des positions dogmatiques et dissonantes par rapport à la réalité de la situation, oubliant que le secteur de la grande distribution doit subvenir aux besoins des Français dans cette période de confinement.

Dans le contexte de crise sanitaire, l’ouverture le dimanche après-midi permet de répondre à la demande et d’échelonner les achats

Les mesures prises par la gouvernement afin d’endiguer l’épidémie de Covid-19 se sont traduites par la fermeture des commerces non alimentaires et par la réduction drastique des déplacements. Le confinement, tel qu’il a été décidé par l’exécutif, s’accompagne de mesures visant à préserver la continuité “économique” de certaines activités, considérées comme essentielles. Au premier rang desquelles la grande distribution, qui doit répondre à une demande forte tout en respectant les règles sanitaires. Dans ce contexte inédit, le droit du travail a notamment été assoupli ; en témoigne l’autorisation du travail dominical dans les entrepôts, ou encore l’élargissement des horaires de travail pour certains secteurs, approuvé dans le cadre de la loi d’urgence sanitaire. De fait, la décision de l’enseigne Casino d’ouvrir un de ses magasins le dimanche après-midi répond aux exigences de l’État. Dans le contexte actuel, la grande distribution est devenue une pierre angulaire des dispositifs de gestion de la crise sanitaire.

Dans cette logique, l’ouverture dimanche après-midi du magasin de Davézieux s’inscrit dans la série de réponses apportées par Casino et la grande distribution aux contraintes sanitaires de l’épidémie de Coronavirus. En amont et en aval des annonces successives du gouvernement, des scènes de magasins pris d’assaut par les clients ont été observées. Une situation contraire aux gestes barrières et en particulier au principe de distanciation sociale qui s’impose. Par ailleurs, de l’avis des experts du secteur, il est nécessaire de lisser les achats dans le temps afin d’éviter des pics de fréquentation. En conséquence, l’ouverture dominicale des commerces alimentaires répond à cette préconisation. Quand bien même les syndicats dénoncent les risques pris par les hôtes et hôtesses de caisses, ils s’insurgent aussi contre l’utilisation des caisses automatiques.

L’utilisation des caisses automatiques le dimanche après-midi, sujet à la contestation

Dans une attitude somme toute mesurée, la liste de gauche “Annonay sociale démocratique écologiste” (ASDE) accuse l’enseigne de briser “la concorde sociale”, tout en “profitant de l’épidémie”. Parallèlement, elle dit défendre un modèle de société contraire au remplacement “des employés par des machines asseptisées”.

Une position amnésique, alors que l’enseigne Casino a déjà recours depuis longtemps à l’utilisation dominicale des caisses automatiques et qu’elles permettent de respecter les règles sanitaires dans un contexte de crise. Le cas du Géant Casino de Davézieux n’est donc qu’une ouverture de plus, parmi un mouvement, déjà à l’oeuvre, d’ouverture dominicale des magasins de l’enseigne. D’autant plus que les contraintes d’hygiène actuelles justifient leur utilisation. En outre, elles permettent d’éviter le contact avec le personnel, mais aussi de fluidifier le passage en caisse. Preuve en est, l’adoption de ces automates par de nombreux clients qui privilégient leur utilisation. Des pratiques qui devraient se multiplier, à mesure que le confinement s’installe dans le temps, afin de soulager la charge de travail des hôtes et hôtesses de caisses. Sur ce point, la CGT voit cette ouverture comme annonciatrice de “la suppression à long terme de 10 000 à 15 000 postes d’hôtesses de caisse”. Une position en décalage par rapport aux motivations sanitaires qui prédominent, et aux mesures d’accompagnement prises jusqu’ici par le groupe Casino. La signature d’un accord de formation entre Casino et les organisations syndicales représentatives, au mois de février, visant à accompagner l’évolution du métier de caissière le démontre. Il s’agit d’un plan de compétence pour préserver les emplois et s’adapter à l’évolution de la société. De nouveaux comportements qui semblent avoir échappé à la CGT et à la liste ASDE.

La position de la CGT et de la liste ASDE fait fi des transformations des habitudes de consommation

Quand la liste ASDE affirme que “le dimanche, depuis très longtemps, est considéré comme le seul jour de la semaine où l’on ne doit pas travailler”, elle fait fi des évolutions, amplifiées par la crise sanitaire actuelle, de la société. En effet, les consommateurs sont toujours plus friands des nouveaux modes de consommation : de la livraison à domicile en passant par le drive, de l’achat sur internet mais aussi des courses dominicales. L’utilisation et la maîtrise des technologies d’achat par les clients, dont les caisses automatiques ou le paiement via smartphone, se confirme également. De plus, le commerce physique subit de plein fouet la concurrence du e-commerce, une réalité toujours plus prégnante en période de confinement. D’après une étude Nielsen, le e-commerce enregistrait déjà une croissance trois fois plus forte que le commerce physique en Île-de-France entre le 24 février et le 1er mars, soit avant les mesures de confinement. Une tendance qui devrait donc se confirmer sur l’ensemble du territoire français et s’amplifier avec les mesures de confinement.

Des positions dissonantes d’autant plus que la gestion de la crise sanitaire voit naître un consensus parmi les acteurs de la grande distribution, partagé par certains syndicats, autour de l’utilisation des caisses automatiques. Si leur utilisation devrait se développer, elle pourrait même se pérenniser au lendemain de la crise sanitaire. Des positions d’acteurs locaux qui vont donc à contre-courant de la réalité de la crise et des aspirations du secteur.

Les prises de positions de la CGT et de la liste ASDE sont autant de discours qui occultent la situation actuelle que connaît la France. Des positions, une fois de plus, dogmatiques et dénuées de recul par rapport à la réalité des comportements et des mesures sanitaires que connaît actuellement le pays. Alors que chacun devrait voir dans cette ouverture une adaptation au contexte sanitaire et social, ces deux pourfendeurs préfèrent y voir la “main invisible” du capitalisme éternel.

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