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Salariés

Travail du dimanche : du commerce de détail au tertiaire, une réalité pour de nombreux salariés

Travail du dimanche : du commerce de détail au tertiaire, une réalité pour de nombreux salariés

Les évolutions successives du cadre légal relatif au travail du dimanche, mais aussi les contraintes temporelles liées à l’activité de certaines entreprises, font du travail du dimanche une réalité pour de nombreux salariés. Selon la Dares, 21% des salariés français ont travaillé au moins un dimanche par mois en 2018, ce qui représente 5.7 millions de salariés. Contrairement à une idée reçue, travailler le dimanche n’est donc pas une exception : c’est une réalité tangible dans de nombreux secteurs.

Infographie : les secteurs qui travaillent le dimanche

Le travail dominical, une habitude chez les salariés de la fonction publique et du tertiaire

En matière de travail dominical, de nombreuses disparités sectorielles existent. Les horaires atypiques, et plus précisément le travail du dimanche, sont soumis et de fait liés aux besoins de fonctionnement de l’entreprise. Ceux-ci peuvent résulter de différents facteurs. Ce peut être lié aux impératifs de coûts liés au fonctionnement de la chaîne de production pour les industries de process comme la chimie. Il y a aussi l’élargissement des horaires d’ouverture suite à la fragmentation des achats pour le secteur du commerce.

Néanmoins, le travail du dimanche est majoritairement le fait de personnes travaillant dans la fonction publique ou dans le secteur tertiaire. Les salariés qui assurent la continuité de la vie sociale, la permanence des services de soins ou la protection et la sécurité des personnes et des biens sont les premiers concernés par le travail dominical. En 2017, 29.3% des salariés de la fonction publique travaillent le dimanche. Dans le détail, cela concerne 55.2% des salariés du domaine de la “protection et sécurité des personnes et des biens”. Plus précisément, 95.4% des gendarmes et 92.1% des pompiers déclarent être sollicités pour travailler le dimanche. Le secteur de la santé a aussi recours de façon importante au travail dominical puisqu’il concerne 48% du personnel dans le domaine de la “permanence des services de santé et médico-sociaux” dont beaucoup sont infirmières, aides-soignantes ou sages-femmes.

Le secteur de la restauration et de l’hôtellerie déroge aussi nettement au repos dominical, avec plus de 50% de ses employés qui travaillent au moins deux dimanches par mois. Dans l’ensemble de ces secteurs, la pratique du travail dominical est donc partie intégrante du rythme de travail.

Vers une généralisation du travail le dimanche, notamment pour les salariés du commerce de détail ?

Alors qu’en 2002, à peine 10% des actifs travaillaient plus de deux dimanches par mois, ils sont aujourd’hui près de 15%. Certes, le poids grandissant de certaines professions familières avec le travail du dimanche dans l’emploi total peut expliquer partiellement l’augmentation de ce pourcentage. Cependant, on peut affirmer que des avancées législatives en la matière le favorisent. C’est le cas, par exemple, du secteur du commerce de détail, qui connaît une tendance à l’élargissement des horaires d’ouverture sous la pression des changements de modes de vie et des habitudes de consommation.

Ainsi, au delà des secteurs déjà mentionnés, la possibilité de recourir au travail dominical a été élargie aux commerces d’ameublement en 2008, aux établissements de commerce de détail de bricolage en 2014, ou encore aux zones touristiques internationales depuis la loi Macron de 2015.

Néanmoins, la proportion de salariés qui travaillent le dimanche reste faible par rapport à d’autres secteurs d’activité. Paradoxalement, si le secteur du commerce de détail est le théâtre de vives oppositions suite à l’ouverture dominicale de certains magasins, seuls 20% des salariés de ce secteur travaillent habituellement le dimanche. Par ailleurs, en 2016, selon l'enquête Conditions de travail - Risques psychosociaux de la Dares, sur l’ensemble des salariés dominicaux du commerce, 56% ont travaillé entre 1 à 5 dimanches par an, contre 7% quarante dimanches ou plus. Ce chiffre peut trouver sa justification dans la jurisprudence encadrant le travail dominical. En effet, si les dérogations administratives, c’est à dire à l’initiative du maire, sont aujourd’hui limitées à 12 dimanches par an, elles étaient restreintes au nombre de 5 dimanches par an avant la loi Macron. Dans le secteur du commerce, le dimanche comme jour de travail semble donc relever davantage d’un caractère ponctuel que d’un caractère habituel. Néanmoins, les positions d’acteurs économiques, mais aussi d’élus, en faveur d’une libéralisation des ouvertures dominicales dans le commerce pourraient faire évoluer la loi et donc augmenter la proportion de salariés dominicaux au sein de ce secteur.

Dans certains secteurs, la pratique des horaires dominicaux est donc ancienne et ancrée. Le repos dominical est donc loin d’être une règle absolue en matière de repos hebdomadaire. Les attitudes contrastées face à l’extension du travail dominical dans le commerce, si ce n’est même les oppositions qu’elle suscite, gagneraient à s’inspirer de certains secteurs. Ceux-ci ont su conjuguer rythme de travail, logiques de rémunération et impératifs de fonctionnement.

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