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Économie

Travail du dimanche : un atout pour la croissance et l’emploi

Travail du dimanche : un atout pour la croissance et l’emploi

Adoptée en 2015 pour libérer la croissance et réduire le chômage, la loi Macron comprenait parmi ses dispositions une extension de l’autorisation du travail dominical dans les zones touristiques les plus importantes. Cette libéralisation doit être étendue à l’ensemble du territoire dans la mesure où celle-ci constitue un levier positif du point de vue de l’économie globale.

En 2015, une étude de l’OCDE souligne les effets économiques positifs du travail dominical en matière d’emploi et de croissance. À l’inverse, en se basant sur les États américains, des restrictions entraîneraient un solde négatif d’emploi de 2 à 6% selon Michael Burda, professeur à l’université Humboldt de Berlin. Au-delà des chiffres, il est possible de souligner plusieurs mécanismes économiques permettant de produire des effets positifs sur la croissance et l’emploi. Tout d’abord, une extension des horaires d’ouverture se traduit logiquement par une augmentation de la demande de travail et donc in fine par des créations d’emploi ou du moins par une augmentation des heures travaillées. Aussi, avec plus de temps pour consommer, la consommation des ménages français serait dopée. D’autre part, les frontaliers ne seraient pas tenter d’aller consommer chez nos voisins européens le dimanche. De “l’effet offre” résulte donc un “effet demande”.

De plus, en référence à l’étude du Crédoc de 2009 sur le travail dominical il est possible de relever l’existence d’autres mécanismes positifs à l’égard de l’emploi. Premièrement, une hausse des revenus salariaux des ménages imputable à l’augmentation de l’emploi et au supplément de rémunération. Deuxièmement, un gain de pouvoir d’achat consécutif au transfert des achats vers d’autre formes de commerces avec des prix plus attractifs. À long terme, la mise en concurrence des commerces permettra un effet “élasticité de la demande”. C’est à dire une variation à la hausse de la demande suite à une variation à la baisse des prix. Pour finir, il est possible d’identifier un transfert d’épargne vers la consommation et donc une hausse des recettes pour les commerces.

Des expérimentations convaincantes du travail dominical à l’étranger

A l’international, plusieurs pays ont autorisé le principe d’une ouverture des commerces y compris le dimanche, avec des retombées économiques certaines. C’est notamment le cas du Canada. En 1985, la Cour suprême du pays avait jugé la loi sur le repos dominical comme inconstitutionnelle au motif que celle-ci violait le principe de liberté de conscience. Cette décision avait constitué la première étape d’un processus de libéralisation de l’ouverture des commerces canadiens le dimanche. En conséquence, l’emploi dans le secteur du commerce de détail a augmenté de 3,1%. Néanmoins, cette hausse a été plus importante, jusqu’à 12%, dans certaines provinces qui avaient plus largement libéralisé les ouvertures.

Par les retombées économiques induites par le travail dominical il est plus que pertinent de mettre en place une politique de libéralisation des ouvertures. Mais la question de l’ouverture dominicale du dimanche parviendra-t-elle à passer d’une question d’opinion et de croyances personnelles à une question d’économie posée rationnellement et sans a priori ?

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